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Biographie

José Giovanni s’adressant à Didier: «Je n’ai jamais vu quelqu’un cadrer comme toi»

Didier Lafond - Ambassadeur du cinéma sportif français dans le monde

À 52 ans dont 25 ans de tournage, Didier Lafond fait partie prenante de l’histoire du film sportif. Une soixantaine de prix glanés dans les festivals du monde entier légitiment son talent, aucun autre réalisateur n’ayant jamais obtenu un tel palmarès dans le sport, et en font l’ambassadeur du cinéma sportif français dans le monde..

Pionnier des films de sports alternatifs

Originaire de Chamonix-Mont-Blanc, où il réside toujours, Didier Lafond fut le pionnier des films de sports alternatifs au début des années 1980. Des sports comme le ski artistique, l’escalade ou la chute libre, qu’il pratique aussi. Il réalise ainsi le tout premier court-métrage sur le monoski jamais diffusé en télévision, «Skieur rêveur» en 1981. Il signe aussi bon nombre de films de glisse diffusés à la grande époque de «La Nuit de la Glisse» de 1982 à 1987; «Ski Symphonie», «Opéra Blanc», «Juste pour le plaisir», «La Créature du Professeur Glissenstein», pour ne citer qu’eux.

Apocalypse Snow

Mais c’est le légendaire «Apocalypse Snow», que Didier tourna en 1983, qui marquera à tout jamais les esprits et qui fera un hit mondial avec le snowboarder Régis Rolland. Cette fiction devenue culte sortie en 1984 mit pour la première fois en scène du «Surf des Neiges». Ce film a influencé toutes les générations de snowboarders jusqu’à aujourd’hui et a contribué à lancer le snowboard dans le monde. 7 prix internationaux ont couronné «Apocalypse Snow» et peu de films de sport sont restés aussi présents dans les mémoires que celui-là. 25 ans après, Didier s’est fixé un nouvel objectif; réaliser «Apocalypse Snow le Retour» avec les plus grands riders du globe. Le tournage est en cours et se poursuivra l’hiver prochain pour une sortie annoncée pour l’automne 2008.

Une période américaine

Didier a sillonné la planète au côté des plus grands aventuriers et des sportifs les plus accomplis tels que Mike Horn, Boivin, Profit, Gouvy, Degayardon… Exilé pour un temps aux Etats-Unis, c’est avec ce dernier qu’il réalise une publicité pour Reebok en 1994. Du jamais vu à l’époque puisque ce spot met en scène Patrick Degayardon en sky surf (de la chute libre avec un surf aux pieds). Une pub essentielle car elle a déclenché tous les spots publicitaires autour des sports extrêmes aux US, un marché devenu énorme.

Fort de ses succès, Didier enchaîne les tournages tout azimut: courts, moyens, longsmétrages en seconde équipe, séries pour la télévision, films publicitaires pour des clients variés comme des marques de ski, de cosmétique et même l’US Air force!

Premier Français à vendre une série télé aux Etats-Unis

Surfant toujours sur les nouvelles glisses, Didier fut aussi le premier Français à vendre une série télé aux Etats-Unis. En l’occurrence une série sur les sports extrêmes «Extreme» dont il sera le co-producteur avec Universal ABC. Rayonnant au niveau international, il travaille pour bon nombre de long-métrages pour lesquels il filme en seconde équipe et chorégraphie les cascades. Parmi eux, «Terminal Velocity» (1994) avec Charlie Sheen et Nastassja Kinski, «The Extremist» (2002) de Christian Duguais, «Origin of Evil», «Snowboarders» (2003) de Olias Barco avec Nicolas Duvauchelle et enfin «Bridget Jones 2» (2004) avec Renée Zellweger et Hugh Grant..

Un long-métrage à venir

Il manque cependant une chose dans son impressionnante filmographie; la réalisation d’un long-métrage. La réponse de Didier à ce sujet est sans appel;

«plusieurs producteurs américains m’ont proposé, en tant que réalisateur, des scénarios, mais ils étaient nuls. Un de ces producteurs m’avait proposé un film avec Christophe Lambert, une histoire d’espion russe… Or même si je meurs de faim, je ne le fais pas».

Et de poursuivre «hormis Raging Bull ou Million Dollar Baby, il n’y a pas un film de sport dans lequel il n’y ait pas de drogue ou de braquage de banque, le sport servant uniquement de toile de fond à des scénarios médiocres. Bref, ce n’est pas du tout ce que je veux faire…».

Passionné sans concession

C’est que notre homme est d’une grande intégrité et ne fait aucune concession lorsque l’on touche à ses passions;

«je ne veux pas faire de compromis par rapport au sport et au geste sportif. Pour avoir pratiqué tous ces sports et en avoir retiré énormément de plaisir, je sais que ce plaisir est extrêmement difficile à retranscrire sur un écran. Or la beauté de l’image est l’un des paramètres pour le retranscrire. Nous avons de très beaux paysages avec de très beaux gestes d’athlètes évoluant dans leur élément. Le public d’aujourd’hui est très attentif à ça, il connaît tous ces sports et est prêt à venir voir de la beauté pure. Nul besoin d’avoir une histoire débile autour! Le sport se suffit à lui-même et ce sont bien le sport ainsi que le sportif valorisé dans sa discipline qui font le film. Il faut bien sûr pouvoir mettre au service de l’image de sport tous les moyens humains, techniques et financiers que l’on mettrait au service de la publicité, ce qui est considérable pour un film de 80 minutes. À partir de là, tu te donnes les moyens de faire un film que personne n’aura jamais vu puisque ça n’existe pas».

Si long-métrage il y a, ce sera «XTREM 3D» un film réalisé dans cette optique… ou pas!

Son équipe: les meilleurs sportifs extrêmes

Puriste, sans doute et bien lui en prend, lui qui en 25 ans de tournage n’a jamais eu un seul blessé malgré l’engagement des sportifs dans ces pratiques à risques que sont les sports dits extrêmes.

«Il y a toujours de la pression dès que des images sont en jeu. Il faut donc gérer cette pression, les riders n’étant jamais avares dans les prises de risque, et surtout ne pas surenchérir. Ça tuerait tout y compris l’esprit du sport. Les athlètes n’ont plus le droit de se faire du mal pour de l’image d’autant plus que ce sont aujourd’hui de véritables professionnels.»

Didier est d’ailleurs très respectueux de ces derniers. Quant à «Extreme Inside» Didier y travaille déjà avec son équipe. Une équipe non seulement très impliquée, mais aussi très légitime dans le milieu de la glisse, un milieu qui ne se laisse pas si facilement pénétrer.

«C’est une force énorme. On a un véritable réseau. Au niveau de la communication et de la promotion pour un film, ça n’a pas de prix».

Et Didier de conclure; «ça ne peut être qu’un film à succès, pour moi c’est évident.».